Scolarisation

Depuis la loi de 2005 sur l’inclusion, les portes de l’Education Nationale sont ouvertes à toutes et tous, handicap compris.

Seulement, pour nos enfants en situation de polyhandicap, tout n’est pas aussi simple. Ils ont besoin d’un accompagnement humain lors des temps scolaires.

 

Si l’entretien ne se passe pas très bien, il est possible de faire une demande de dérogation (prioritaire pour le handicap) ou faire une demande dans un établissement privé.

L’entretien permettra aussi d’anticiper certaines démarches, humaines comme matérielles. D’ailleurs, il sera judicieux de prévoir à ce moment-là, une réunion, six mois au moins AVANT la rentrée, avec l’enseignant référent du secteur. Certains peuvent refuser mais ça permettrait de remplir le GEVA-Sco* afin de monter un dossier MDPH* pour une demande d’aide humaine en classe (page 5 du formulaire, case D)  et ainsi anticiper sur la rentrée et les besoins. Les délais MDPH* sont souvent de 4 mois minimum, donc il est important d’anticiper là-dessus, autant pour l’enfant que pour l’enseignant. C’est au choix à vous ou à l’enseignant référent d’envoyer le dossier.

Suivant les besoins de votre enfant, il sera également important de parler des besoins matériels, imputés cette fois à la commune. Il peut s’agir d’une table à langer, d’un siège, d’une table spéciale, etc… Il sera important de faire noter ces besoins dans le GEVA-Sco* pour qu’ils soient notés dans le PPS* et ainsi appuyer l’obtention du matériel nécessaire à une scolarisation dans les meilleures conditions. Suivant les mairies, il faudra joindre les délégués à la jeunesse ou au handicap.

L’aide humaine en classe

Les AVS – auxiliaires de vie scolaire- ou AESH -accompagnant d’élèves en situation de handicap- ou même EVS-ASEH -employé vie scolaire accompagnement à la scolarisation des élèves en situation de handicap – sont un point clé de la scolarisation de nos enfants.

Leurs missions sont définies par le PPS*, lui-même défini par le GEVA-Sco*, d’où l’importance d’une réunion d’anticipation.

 

L’aide humaine peut être individuelle ou mutualisée, selon les besoins de l’élève. Elle intervient sur le temps scolaire de l’élève, récréation et temps méridiens compris, mais également sur les temps de réunion et de suivi qui concernent l’élève.

Elle a trois missions générales :

 

  • Aide à la vie quotidienne: aide aux déplacements, à l’installation, aux manipulations, aide à l’hygiène, à l’organisation dans le temps et l’espace et à la communication en lien avec les activités
  • Aide aux apprentissages : compétences transversales, compétences du socle commun
  • Aide à la socialisation : apprendre à communiquer, développer des habiletés sociales, s’approprier des éléments de la culture environnante et de la vie en collectif, développer un sentiment d’appartenance et apprécier les différences et exprimer sa propre personnalité

Ses missions, spécifiques à l’élève, doivent être inscrites sur le PPS*. Seulement la majorité des MDPH* n’ont pas le temps de rédiger un véritable PPS*, d’où, à nouveau, l’importance de remplir le GEVA-Sco* de manière détaillée et spécifique. Ainsi, l’accompagnant scolaire pourra disposer d’un document sur lequel s’appuyer pour connaître ses missions précises.

L’aide humaine travaille pour le développement de l’autonomie de l’élève et en collaboration dans le respect des rôles de chacun (enseignants, parents, ect…).

 

Elle peut participer aux sorties et accomplir des gestes techniques ne requérant pas une qualification médicale ou paramédicale particulière. Ces aides sont en charge d’un accompagnement « généraliste », uniquement dans le cadre scolaire et périscolaire, sans intervenir au domicile de l’élève.

Chaque année une nouvelle ESS est organisée pour réévaluer les besoins de l’élève. La présence de l’AVS ou de leurs comptes rendus sont cependant importants à prendre en compte. Ce sont eux qui restent les plus proches des élèves accompagnés.

Concernant l’accompagnement scolaire, c’est la MDPH* qui notifie, en plus des missions, un type d’accompagnement (individuel ou mutualisé) et une quotité horaire hebdomadaire. Ces notifications se doivent d’être scrupuleusement et obligatoirement respectées par les établissements.

 

Maman de Lia

Nous avons beaucoup hésité avant de faire les démarches pour mettre Lia à l’école.

Il a fallu se battre pour nos convictions et défendre ce projet.

Il a fallu expliquer notre choix : nous étions conscients que Lia n’aurait pas une scolarité comme les autres et n’y apprendrait pas ce que les autres y apprennent.

Mais nous étions persuadés que l’école faisait partie intégrante de sa prise en charge thérapeutique, comme moyen de socialisation. Nous voulions qu’elle soit confrontée aux rires des enfants, à leurs cris, à leurs jeux, qu’elle s’imprégne de ces images d’enfants qui courent partout.

Lia ne marchait, ne parlait pas et jouait alors très peu. Elle avait 4 ans lorsque nous avons fait le dossier pour une avs.

Avec les dossiers, les réunions, il a fallu attendre 6 mois pour que Lia fasse sa rentrée en février 2017 pour 2 demi journées par semaine.

Une AVS individuelle lui a été attribuée. Tout de suite, elle s’est sentie en confiance avec elle.

Ces moments à l’école sont extraordinaires, tant pour elle que pour les autres enfants.

Très vite, elle est devenue la star de la classe et ses petits camarades se sont pris d’affection pour elle, avec un regard bienveillant et non méchant.

Lia peut faire les activités, écouter les chants, les histoires. Elle a même pu participer à la kermesse de l’école, par sa seule présence.

Elle a fait beaucoup de progrès sur le regard et l’attention, sur la préhension des objets.

Notre intuition était là bonne.

Pour cette rentrée 2017, Lia ira une demi journée de plus par semaine à l’école, pour son plus grand bonheur et celui de ses camarades.

 

Maman de Sybille

 

Mettre Sybille à l école était une évidence pour nous. Son frère étant scolarisé en maternelle, l’équipe enseignante connaissait Sybille. Nous l’avons inscrite et dés mars une équipe éducative s’’est réunie pour préparer sa rentrée et faire la demande d’AVS.

Sybille a fait sa rentrée début décembre dés que son AVS a été mise en place. Elle marchait seule depuis septembre, n’était pas propre, et avait à peine une dizaine de mots à son vocabulaire.

Les débuts furent difficiles, Sybille étant très anxieuse et tous changements la perturbant. Elle y allait tous les matins. Et très vite, elle a eu un groupe de copines.

Nous avons pris la décision de faire deux petite sections. Pour nos enfants ayant un retard important, il est préférable de faire deux petites sections que deux grandes sections. La petite section est la classe de la découverte. La grande section est une classe où l’on demande aux enfants d’être des futures élèves de primaire, les apprentissages prennent une place plus importante.

A partir de sa deuxième année, elle a suivi son groupe de copines pendant 3 ans. Un groupe solide où les invitations aux anniversaires des unes et des autres sont très vite arrivées, et ont continué même l’année qui a suivi son entrée à l’ime.

C’est donc la sociabilisation où Sybille a le plus profité à l’école. C’est une grande observatrice. Elle a beaucoup appris au travers des autres. Et par mimétisme elle a fait des acquisitions.

Elle a aussi appris les couleurs, reconnaître son prénom parmi ceux de la classe, les formes géométriques de base, …

Je ne regrette pas ses quatre années d’école. Ce n’était pas toujours simple car en l’absence de l’AVS Sybille n’était pas accueillie à l’école. J’ai du faire aussi les sorties scolaires quand l’AVS ne pouvait pas. J’ai du me battre pour qu’elle puisse faire les séances de piscine (problème de couche). Mais la voir heureuse et totalement intégrée avec une vie sociale l’a aidée à grandir.

 

 

Complément d’information :

Guide pour la scolarisation des enfants et adolescents en situation de handicap :

http://cache.media.education.gouv.fr/file/Maternelle_baccalaureat/65/9/Guide_pour_la_scolarisation_des_enfants_et_adolescents_en_situation_de_handicap_469659.pdf


* voir glossaire

CDKL5 Alliance Francophone